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Rue du Pont-Caillant à Toul...

Publié le par Jeunes Amis du Musée de Toul

Comme chaque année, lors de la saison estivale, les Jams, avec la collaboration de la troupe de théâtre Tota Compania et l'aimable participation pécuniaire et logistique de la Ville de Toul, ont organisé une visite nocturne de la ville. Cette année 2008, le thème était « Faits divers à Toul ». Le tarif était de 3 € par personne et c'était gratuit pour les moins de 12 ans. Les dates étaient :

 

  • Samedi 05 juillet 2008 (départ à 20h30 sur le parvis de la cathédrale Saint-Étienne de Toul) ;
  • Samedi 23 août 2008 (départ à 21h00 sur le parvis de la cathédrale Saint-Étienne de Toul).

 

 

Voici la photographie originale et sa modification pour l'affiche publicitaire que les Jams avaient confectionnée pour l'occasion :

Sceau de tabellionage de la cité de Toul, XVIe siècle
Musée de Toul
Cliché :
Vincent Lamarque
Jeudi 24 avril 2008

 

 

Voici à quoi ressemblent des Jams concentrés, autour d'Aurélie Prévost, la présidente, pour la préparation de la visite nocturne :

Place Bérenger et Place de la République
Cliché :
Vincent Lamarque
Jeudi 03 juillet 2008

 

 

Pour vous donner une idée de la balade des noctambules, voici le propos d'un Jam, de passage dans la rue du Docteur-Chapuis :

 

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Rue du Docteur-Chapuis


Nous venons de passer dans la rue du Docteur-Chapuis. La rue du Docteur-Chapuis se nommait auparavant « rue du Pont-Caillant » qui tirait son nom d'un pont établi sur l'Ingressin (petit cours d'eau qui alimente aujourd'hui les douves de l'enceinte « Vauban », 1700-1720, et qui traversait jadis la cité à ciel ouvert), comme la rue du Pont-de-Bois, la rue Pont-Gira-Niva, ou la rue du Pont-de-Vaux...

La rue du Pont-Caillant se terminait par une impasse où se trouvait une porte qui se nommait « Porte-au-Guet ». La tour qui surmontait la porte servait de prison militaire. En fait, la prison devait se trouver à l'extrémité de l'actuelle rue Corne-de-Cerf...

J'arrive au fait divers... Cela s'est produit durant la Révolution française, 1792. Un abbé du nom de Pierre Busselot, ex-chanoine de la cathédrale Saint-Étienne de Toul, fut nommé aumônier des Princes français en exil. Émigré à Coblence, Pierre Busselot adressa une lettre aux « Messieurs du Conseil de la Commune de Toul » (les conseillers municipaux de Toul) qui les exhortait, ou les sommait, à obéir aux ordres du duc Charles-Guillaume-Ferdinand de Brunswick (1735-1806), général des armées austro-prussiennes et un contre-révolutionnaire. Le duc de Brunswick travaillait à la réhabilitation de la famille royale française, le roi Louis XVI et la reine Marie-Antoinette... Nombre de nobles et de prêtres, émigrés à cause de la Révolution française, comme Pierre Busselot, étaient à sa suite.

Dans la lettre de Pierre Busselot, il annonçait son arrivée à Toul le 07 ou 08 août 1792. La réponse, non dénuée d'humour, des conseillers municipaux fut une invitation pour l'aumônier à venir loger au numéro 97 de la rue du Pont-Caillant, chez le sieur Jean Renaud. Ils lui envoyèrent un billet de logement, lui donnèrent rendez-vous, chez ce monsieur... qui n'était autre que le geôlier de la prison militaire située dans la tour de la Porte-au-Guet...

Durant la Révolution française, les conseillers municipaux de Toul étaient donc des partisans fermes et déterminés de la chute de la monarchie française. À Toul, comme dans d'autres villes de France, les magistrats essayaient d'arrêter tous les adversaires de la Révolution française, en particulier le duc de Brunswick précisément. On lui attribue un célèbre manifeste, dont on cru qu'il était le signataire à Coblence le 25 juillet 1792, et que l'abbé Pierre Busselot avait annexé à sa lettre. La déclaration était destinée à intimider la population parisienne et promettait que, si la famille royale était épargnée, les civils français le seraient aussi. Mais ce manifeste ne servit au contraire qu'à radicaliser la Révolution française, à mettre le feu aux poudres... à galvaniser la population dans la colère face à un roi de France qui se montrait au final le protégé d'une armée ennemie.

Le manifeste du Duc de Brunswick, rédigé en réalité par un émigré qui a usurpé le nom du chef des armées austro-prussiennes, a provoqué deux événements majeurs :

 

 

 

  • La première réponse la plus démonstrative des révolutionnaires français fut l'insurrection au Palais des Tuileries à Paris, le 10 août 1792, qui marqua la fin effective de la monarchie française. La foule et le nouveau conseil municipal de Paris assiégèrent le Palais.

  • La seconde réponse fut la célèbre bataille de Valmy, en Champagne, le 20 septembre 1792, qui opposa une armée de 46000 soldats français sous les ordres des généraux Dumouriez et Kellermann et une armée de 34000 soldats prussiens sous les ordres du Duc de Brunswick lui-même. L'armée française était adossée à un moulin sur le plateau de Valmy lorsque l'armée prussienne débuta l'assaut sous le feu de 36 canons (20000 boulets furent échangés au total, d'où le nom de « Canonnade de Valmy »). Les Prussiens, trempés par la pluie et surtout rendus malades de dysenterie qu'ils avaient attrapée dans les vignes de la région champenoise, n'eurent d'autres choix que de battre en retraite. Si je vous parle de la bataille de Valmy, c'est également à cause du fait qu'un natif de Toul, s'étant engagé dans la Garde Nationale et porté volontaire le 28 juillet 1792 pour la défense de la Patrie, avec 76 autres Toulois, y laissa la vie. Il se nommait François Aubry, né à Toul en 1768 ou 1770, résidant jusqu'alors à la ferme de Libdo.


Bibliographie :

 

 

 

 

 

 


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Texte de Vincent Lamarque.

 

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